Les us et coutumes kirghizes
La Kirghizie est un magnifique pays, et son peuple, les Kirghiz, sont d'une hospitalité inoubliable. Néanmoins, comme dans toutes les cultures, certaines choses inattendues peuvent choquer, tant le voyageur que l'hôte. Voici les principales astuces à connaître pour garantir un séjour sans soucis.
Il est de coutume de se déchausser en entrant dans une habitation — yourte, tente ou maison. Pour la yourte, les chaussures doivent être laissées dehors (à droite ou à gauche de l'entrée) ou près du poêle à l'intérieur. Dans les maisons, il y a presque toujours une pièce d'entrée à cet effet.
Lorsque l'on vous tend un bol de thé, il est très recommandé de le prendre avec la main droite. Cela vaut aussi pour faire passer un bol : prendre et donner avec la même main (droite).
Toujours essayer de faire passer la première tasse de thé à la personne la plus âgée de la tablée, ou au maître de maison. C'est une marque de respect. Ils vont généralement refuser et insister pour que vous la gardiez — gardez-la ! Le respect a été noté et tout le monde est content.
Les places d'honneur sont au fond de la yourte, dos au "soundouk" (malle sur laquelle sont empilés des matelas en laine), ou en bout de tablée. Si vous y êtes dirigé, invitez d'abord les personnes plus âgées à s'y installer. Si elles refusent, n'hésitez pas : c'est un honneur que vous font vos hôtes. Ces places sont dites "honorifiques" car on peut s'y adosser, très utile lors des longues soirées !
Un bol plein à ras bord = invitation tacite à boire rapidement et repartir. Un bol rempli à 20 % = invitation à continuer la discussion longuement (le thé reste toujours chaud). En pratique, un bol à 50–70 % n'insinue rien de particulier !
Il est impératif de ne jamais uriner dans un cours d'eau, même en aval d'un campement. Cette eau est utilisée par des gens en aval. Le non-respect peut provoquer des comportements très hostiles. Se laver nu est également très mal vu, surtout pour les femmes — s'éloigner des camps au maximum.
Demander la permission est la moindre des politesses. Laisser un petit billet au maître de maison le lendemain matin n'est jamais mal vu (200 à 500–700 som). La personne refusera — insistez un peu, mais cédez si elle est trop catégorique. Demandez aussi l'emplacement des "toilettes" : c'est tout à fait possible avec des gestes !
Il peut arriver qu'un groupe de cavaliers arrive au grand galop et vous jette un chevreau décapité aux pieds… C'est normal ! Vous faites partie du jeu traditionnel "Oulak Tartish". La tradition veut une rétribution : en nourriture, boisson ou argent (200 à 700 som, en petites coupures si possible). Ne rien donner vexerait grandement les joueurs — cette tradition perdure depuis des siècles.
Il est souvent difficile de refuser un verre de vodka chez votre hôte. Pas de demi-mesure : soit vous buvez (et assumez tous les toasts de la soirée), soit vous ne buvez pas du tout (la raison médicale est une bonne excuse ; la religion est également acceptée). Espérer ne boire qu'un seul verre est proche de l'irréel…
Quand des habitants vous tendent un plateau avec du pain ou des beignets (parfois avec crème fraîche et miel), prenez-en un morceau et mangez-le. Cette tradition symbolise que votre hôte ne vous refuse pas l'hospitalité mais, sachant que vous avez une route à suivre, ne vous retient pas. En acceptant, vous exprimez votre respect.
À cheval en Kirghizie
Ces conseils ont pour but d'informer le futur cavalier randonneur des astuces et coutumes concernant la randonnée à cheval en Kirghizie. Ils ne s'appliquent qu'en partie à nos chevaux de randonnée, que nous avons choisis selon des critères stricts — ils sont exempts de la majorité des défauts décrits ci-dessous !
Les ordres principaux
Talonner le cheval peut s'avérer pratiquement inefficace. Une claque sur le derrière fera un bien meilleur effet ! À défaut de cravache, un fin bout de bois ou le bout de la longe fera très bien l'affaire. Les chevaux obéissent aux rênes d'appui : rênes dans une seule main, appui sur l'encolure. Il faut souvent insister sérieusement pour obtenir un arrêt.
Les Kirghiz ont tendance à donner aux touristes leur meilleur cheval — qui est très souvent leur étalon de troupeau, ce qui peut provoquer des situations dangereuses dès que l'on s'éloigne des juments. La majorité des chevaux de monte sont des étalons relativement dociles, mais il est préférable d'éviter de monter l'étalon du troupeau de votre hôte.
La tenue en main
Il est impératif de ne jamais lâcher votre cheval, même pour quelques instants, sans lui avoir entravé les pieds au préalable (ou mis au piquet). La majorité des chevaux sont très difficiles à rattraper une fois libres… et il n'y a pas de barrières.
Il est possible et courant de s'accrocher à la queue du cheval qui précède pour monter plus facilement une pente. Assurez-vous que ce cheval ne réagit pas brusquement. Les chevaux d'ici ruent rarement, mais restez prudent. En passant derrière un cheval, faites-vous entendre avant. Assurez-vous surtout que votre main ne puisse pas rester coincée dans la queue.
L'équipement
Les selles sont généralement assez rustiques. Il est souvent difficile de régler la hauteur des étriers — les cavaliers Kirghiz chaussent très court. Pour une randonnée confortable, les étriers doivent être assez longs pour les déchausser sans trop lever la jambe, tout en permettant de se lever légèrement en selle pour galoper.
Les rênes sont souvent très courtes — difficile de les récupérer si le cheval baisse la tête pour manger. Y rajouter un bout de corde (la longe fait l'affaire) évite ce souci. Les bergers ajoutent une couverture sur la selle ("kourpatcha"), souvent fine — prévoir de quoi la rembourrer peut faire toute la différence entre une bonne et une mauvaise journée de selle !
La marche & les allures
Les allures principales en Kirghizie sont dans l'ordre : le pas, l'amble et le galop. Les bergers passent à l'amble dès que le terrain le permet — ce qui pose des problèmes pour ceux dont le cheval n'amble pas. Il est très courant de faire un départ au galop à peine monté en selle, sans échauffement préalable.
Il est courant de se faire rattraper ou doubler par des cavaliers en plein galop surgis de nulle part, et ce à tout moment. Pour éviter de finir dans une course de galop involontaire, ne jamais lâcher complètement les rênes — même si votre cheval a l'air parfaitement calme au pas.
Les chevaux d'ici sont de formidables grimpeurs, mais ils respirent comme tout le monde — il est normal qu'ils s'arrêtent de temps en temps dans les fortes montées pour respirer. En revanche, s'arrêter tous les 10 mètres est excessif. Pour comprendre la raison de leurs arrêts, faites quelques mètres à pied à côté d'eux !
Ces conseils couvrent les principaux points que vous pouvez rencontrer en Kirghizie. Mais n'oubliez pas que le voyage a pour but d'ouvrir la voie vers la découverte d'autres cultures et modes de vie. Une bonne ouverture d'esprit et une position d'observateur — et non d'influenceur — sont indispensables pour apprécier et comprendre ces modes de vie si différents des nôtres.